01.01.2009

Un numéro suivant



Pendant ce temps dans les Marais et le Royaume de Scylon – numéro 3 - par Gnoll Igglefur, votre correspondant permanent



Un si beau mariage !



Deux années, déjà, et, de mémoire de lutin, je peux affirmer que je m’en souviens encore avec émotion, un si beau mariage au Palais de Dryskaïll. Imaginez, les remparts, les portes, les fenêtres, les rues de la capitale décorées de tentures colorées et brodées aux couleurs du roi, rouge et brun, aux couleurs de la Guilde, bleu et or, aux couleurs des marais, mauve et aux couleurs de Telma, l’heureuse fiancée du roi, gris et cuivré.


Imaginez des fleurs, ramassées, séchées tout au long du printemps à travers tout le royaume, des fleurs des marais, milliers de pétales jonchant l’esplanade qui entoure le Palais.


Imaginez des drapeaux, oriflammes, aux sept couleurs flottant sur les toits du Palais.


Emnérèl, roi de Scylon épousait en ce beau jour d’été, Telma, sa bienheureuse et si belle aimée.


Tout Scylon s’était rassemblé dans la capitale, les marais étaient représentés par leur Prince, son épouse, les représentants des familles. Les Dômes étaient aussi là, Mathias, Casmir, les amis de Telma, Paco et Dimitri, moi-même, présence discrète mais pourtant si ému, (je ne souhaitais pas rencontrer en cette occasion ma belle-mère et mon épouse, je n’étais pas encore prêt et ne le suis toujours pas). Je restais au Palais, où je m’occupais de la petite Nyaée, âgée seulement de quelques mois et assistait, scrutant l’esplanade d’une fenêtre à une autre, ou derrière une tenture pendant la cérémonie. Je pouvais cependant assister et participer au banquet, heureusement, car cela me permit de souffler un peu et d’échapper alors aux biberons et aux langes...


Imaginez donc la foule rassemblée sur l’esplanade, acclamant le roi aux somptueux vêtements d’un beige clair, presque blanc, aux broderies brunes brodées de pierres rouges scintillantes, portant le diadème rouge et brun des souverains de Scylon, sortant seul du Palais et se dirigeant sur l’immense estrade construit pour l’occasion, les Guildes de Dryskaïll, d’Isktylionne, de Tysdale avec leurs costumes bleus et or et leurs chapeaux hauts et bouffants, les familles et les intendants de tous les domaines du royaume, le Prince des Marais et son épouse, les représentants des familles, tous de mauve vêtus, et la foule immense rassemblée, acclamant leur roi, des chants s’élevant des choeurs, groupes de chanteurs, apparaissant les un après les autres aux balcons du Palais. A cet instant le roi s’incline pour saluer les Guildes, les représentants des marais, la foule. Puis il se retourne, et dans une mélodie, entonnée par les choeurs, d’abord en un murmure, puis en un chant merveilleux, il tendit une main et sous les exclamations à peine retenues, couvertes par les chants, apparût la bienheureuse Telma, vêtue d’une robe somptueuse aux couleurs des deux lunes, une robe si belle qu’elle retint un instant le souffle de tous. L’éclat gris et cuivré des deux astres semblait avoir été capturé par le tissu argenté de la robe. Sa longue et magnifique chevelure rousse avait tressée en une natte mêlée de fils gris. Elle portait un diadème aux tons gris et cuivrés. Elle s’avança pour d’un geste gracieux, tendre une main, que le roi pris avec douceur dans la sienne et tous deux s’inclinèrent devant la foule, sous des acclamations qui couvrirent les choeurs. Le roi fit un geste de la main et les chants se turent. Les représentants de chaque Guilde vinrent tour à tour saluer le roi puis offrir à la resplendissante Telma une parure de pierres rouges que la jeune femme, prit dans ses mains tremblantes d’émotion, sous de nouveaux vivats. Aidé du roi, elle passa autour de son cou fin et pâle, ce magnifique collier fait de trois rangées de pierres rouges polies, translucides et scintillantes, serties dans des cabochons rectangulaires de métal gris et cuivré, dont une triple rangée, venait descendre en une guirlande de cabochons carrés et rectangulaires jusqu’à la ceinture brodée de métal gris et cuivré de sa robe aux couleurs des deux lunes.


Le roi embrassa la main de son épouse, et les choeurs s’élevèrent à nouveau dans une émouvante mélodie.


La cérémonie fut suivie d’un premier banquet, qui se déroula dans l’esplanade à laquelle la foule rassemblée participa, puis d’un dîner, le soir, auquel assistèrent les Guildes, le Prince des Marais et son épouse, les représentants des familles des marais, des Dômes, les deux amis de Telma et moi-même, remplacé dans mon rôle de nounou.


En ce jour merveilleux, Scylon acclama son souverain, sa merveilleuse épouse et pu enfin espérer que Scylon aurait un héritier.



Au dîner, la robe de Telma, s’illumina des couleurs de la nuit et des halos des deux lunes, un somptueux cadeau des lumineux !



Gnoll Igglefur – Lutin de Bibliothèque - Depuis le Palais de la Cité des Marais